Recharge tes super-pouvoirs

RECRUTEMENT INNOVANT OU STRATÉGIE RACOLEUSE? MARINA MET LA TABLE POUR #TRUMTL

07 octobre 2013

 

On a tous déjà eu le goût de démissionner au moins une fois dans notre vie, nous imaginant les façons les plus débridées de le faire. La semaine dernière, Marina Shifrin l’a fait. La vidéo mettant en scène la démission de la jeune femme audacieuse a fait le tour de réseaux sociaux, faisant exploser le nombre de vues à 13 millions. Il faut dire que l’employée de Next Media Animation, une boîte de production vidéo réagissant à l’actualité de façon humoristique, s’y est prise de façon plutôt créative, en dansant au bureau en plein milieu de la nuit. Les raisons de sa démission? Surcharge de travail, non respect de l’équipe et surtout, flagrant manque de reconnaissance de la part de son patron.

Détourner le problème

 

 

L’employeur, profitant du buzz, a répliqué en produisant une nouvelle vidéo exactement dans le même ton. Les réactions sont mitigées : certains déplorent l’acte, plusieurs autres l’encensent. Personnellement, je me questionne sur la culture d’entreprise très “presse-citron”, malgré tous les avantages que l’organisation offre à ses employés pour essayer de compenser les nombreuses heures travaillées. Le style racoleur de la vidéo, l’humour du patron, le ralliement des employés (est-ce vraiment naturel ou se sont-ils sentis obligés d’adhérer?) ne font pas oublier le fond de l’histoire : l’employeur détourne le problème et tire avantage de la situation en présentant les “bonbons”. C’est bien beau d’avoir une piscine sur le toit ou une table de billard, mais si les employés s’y retrouvent pour ventiler et déplorer leurs piètres conditions de travail, à quoi ça sert?

 

L’authenticité versus le “wow”

Si j’avais à donner une étoile à Next Media Animation, ce serait pour la transparence. Lorsqu’on parle de marque employeur, c’est la règle d’or. Il faut se démarquer, oui, mais il faut essentiellement faire preuve d’authenticité. Par contre, les gestionnaires auraient été plus sages en s’attaquant directement aux problèmes internes avant de se lancer dans une campagne de recrutement.

Certains diront qu’il y aura toujours des candidats attirés par ce genre de milieu de travail et que c’est le résultat qui compte, mais au final, on encourage tout de même le “workaolisme”. Les gestionnaires qui oeuvrent à faire de leur organisation une réelle communauté vivante et engagée ne s’intéressent pas qu’aux “wow”. Ils encouragent, respectent et reconnaissent la nature des besoins humains qui la composent, provoquant ainsi un élan d’enthousiasme, d’épanouissement, de créativité et de productivité chez les employés.

Bref, le recrutement devient un casse-tête sans fin pour les gestionnaires RH et dirigeants d’entreprise, qui tentent par tous les moyens de trouver de nouvelles solutions à l’attraction de candidats. Il existe cependant des solutions créatives, mobilisatrices et rassembleuses pour s’attaquer à ce défi. J’aurai la chance d’en discuter demain, le 8 octobre, à TruMontréal, une non conférence sur le recrutement innovant. L’an dernier, nous animions justement une discussion sur la façon dont les nouvelles générations allaient révolutionner le monde de l’emploi. Marina Shifrin en est un bon exemple, n’est-ce pas?