Recharge tes super-pouvoirs

100 lectures inspirantes : Pride and Prejudice, Jane Austen

30 mars 2016

Le retour du printemps, ça donne des envies de campagne anglaise, de thé et de promenade à cheval! Au programme aujourd’hui : Orgueil et Préjugés!

Extrait

« Occupied in observing Mr. Bingley’s attentions to her sister, Elizabeth was far from suspecting that she was herself becoming an object of some interest in the eyes of his friend. Mr. Darcy had at first scarcely allowed her to be pretty: he had looked at her without admiration at the ball; and when they next met, he looked at her only to criticise. But no sooner had he made it clear to himself and his friends that she had hardly a good feature in her face, than he began to find it was rendered uncommonly intelligent by the beautiful expression of her dark eyes. To this discovery succeeded some others equally mortifying. » 

Pour faire court

Dans une Angleterre puritaine du XIXe siècle, Monsieur Bennett élève 5 filles qu'il doit marier à tout prix - pas le choix - pour la survie économique de la famille, pour respecter les mœurs victoriennes, etc. Pour la première (Jane), l’affaire est pliée aisément, mais pas pour Elizabeth, au caractère plus affirmé (disons tête de cochon). En plus, elle hait Darcy, l’ami du prétendant de sa sœur. Tous s'embarquent dans de rocambolesques aventures afin que l’amour triomphe.

En un mot : Préjugés

Anecdote : je me suis présentée à une entrevue en bottes de neige et en jeans… et je travaille à cet endroit depuis 5 ans. Une chance que mes patrons ont vu au-delà des préjugés. Sans vous parler des dizaines d’histoires d’amis/collègues/ennemis–qui-forment-aujourd'hui-un-couple ou d’un premier-cours-horrible-mais-trippant-finalement, etc. 

« Vous n'aurez jamais une seconde chance de faire une première bonne impression », disait Gustav White. Mais la Liz Bennett contemporaine que je suis refuse cette hypothèse! À la première rencontre, je ne vous semblerais peut-être pas très sympathique, parce que, face à l’inconnu, des barrières se dressent, un filtrage s'opère. Si les gens veulent me revoir cependant et découvrir qui je suis et ce que j'ai à offrir, il faut baisser un peu la garde. 

Laisser une chance au coureur n’est pas chose aisée. L’instinct, les principes et l’expérience ont leur mot à dire. Voir au-delà de l’apparence, des catégories, connaître quelqu’un, essayer quelque chose de nouveau, c’est aussi prendre le risque d’être déçu ou blessé. Tant qu’on ne saute pas de l’avion, on ne sait pas si le parachute se déploie! L’erreur de jugement, au même titre que les autres erreurs, s'avère humaine. Reconnaître que l’on s’est trompé dans le bon ou le mauvais sens, faire preuve d’humilité tout en admettant que la personne en face vaut la peine qu’on s’y intéresse, qu’on réfléchisse à sa présence et son importance dans notre existence : là est l'essentiel. Le fruit de ces réflexions pourrait surprendre. 

Malgré la dimension que j'accorde aux deuxièmes chances, il va de soi que le respect des limites personnelles et de l’identité domine. Sans pour autant devenir un individu bonasse qui accepte toutes les offenses, cultiver sa magnanimité et n’exclure aucune possibilité est un bon pas vers l'ouverture à l'autre. La première clé du trousseau ouvre rarement la serrure, n'est-ce pas? Si on s’arrêtait à un échec, on ne se trouverait que devant des portes fermées…