Recharge tes super-pouvoirs

Prendre le temps comme pigiste, un premier pas vers le « slowpreneuriat »?

15 novembre 2017

 

Lorsque j'ai pris la décision de devenir pigiste, je l'ai prise en pensant au temps, à la famille et à la liberté. J'avais envie d'avoir plus de temps. J'avais envie d'être libre de choisir et de m'épanouir. Travailler à la maison, sans le tracas du transport, et travailler à mon rythme, sans patron pour m'écraser.

Ce cheminement, un an plus tard, n'est pas terminé. J'en suis encore à découvrir les embûches et les réalités du travail autonome. Je les aperçois, les analyse et les assimile. Je prends mes décisions quant à ma façon de traverser les obstacles. Je ne suis pas au bout de mes peines, mais je peux dire que je suis à la bonne place.

3 embûches auxquelles j’ai été confrontée
1. La tête pleine de projets,  faire des choix

Ma première embûche est de calmer mes pensées. Ma tête bouillonnante de projet. L'envie de courir à droite et à gauche, dans toutes les directions. M'éparpiller. J'avais deux projets au départ: mon école de tennis, L'Atelier de Tennis, avec mon mari, et ma petite compagnie de rédaction et révision, Le Scriptorium. 

Puis, est venu s'ajouter un cadeau du ciel, Signé Local: une vitrine qui promeut l'achat local à travers différents projets web et hors web. J'y ai commencé comme blogueuse et je suis désormais coordonnatrice aux communications. Avec Signé Local, en tant que pigiste, puis employée, ma charge n'a cessé d'augmenter, pour mon plus grand bonheur. Car c'est ça aussi, être à son compte, choisir des projets qui nous passionnent. Avec ces trois projets, je travaille désormais à temps plein. 

Pourtant, chaque jour, un nouveau projet fourmille dans ma tête. De nouveaux objectifs, de nouvelles idées. Pendant une semaine, je cogite, je rature, je recherche. Puis, vient ce moment où je réalise que ce n'est pas le bon moment. Je n'ai pas le temps. C'est trop. Je suis devenue travailleuse autonome pour avoir du temps, pas courir après lui. Alors je mets les projets de côté. Parfois je les note, parfois non. Parfois à contrecoeur, parfois non. Car il faut être réaliste: il faut quand même de l'argent pour vivre. Je n'ai pas encore réussi à faire vivre ma famille d'amour et d'eau fraîche, même s'il s'agit d'une base assez solide!

2. S’organiser pour mieux profiter

Ma deuxième embûche est mon manque d'organisation. À gérer 3 projets, dont deux qui me demandent d'en gérer plusieurs autres, je me dois d'être structurée. Or, je ne le suis pas. J'ai eut beau essayer les applications et logiciels de tâches, de listes, d'agendas, tralala... je n'y arrive pas. Je me retrouvais à oublier des détails, à augmenter mes heures de travail et à encore courir après le temps.

Je suis donc revenue à la base, sous les conseils d'une amie et collaboratrice, j’ai adopté le journal papier. Comme à l'école. À l'école, je réussissais à tout faire grâce à un agenda rempli de listes, de tâches et de «deadline». J'ai donc recommencé. Je peux réécrire la même liste plusieurs fois, au moins, je la respecte. Mon temps est mieux organisé.

3. Le temps qui passe

Troisième embûche? Je me retrouve toujours à vouloir affronter le temps qui passe. En travaillant à la maison, on change nos habitudes, on change de cap; on contourne les problèmes. Pour moi, le simple fait de travailler à la maison réglerait tout. Or, je réalise que je dois être plus prudente pour réussir cela. Car plus on a de temps, plus on l'utilise. Plus on possède, plus on demande. Alors tout ce temps que j'ai gagné, je dois le réfléchir afin de mieux l'utiliser. Ne pas me couvrir de mille et un projets. Ne pas m'éparpiller dans mes tâches. Ne pas oublier de respirer. Profiter du luxe de travailler à la maison et en faire quelque chose de profitable. Oui, j'ai plus de temps, mais j'ai aussi plus de projets qui me passionnent. Et tous ces projets, j'aimerais y consacrer plus de temps, par amour.

Le problème, c'est qu'on ne le voit pas, le temps. Alors, lorsque la fin de la journée se pointe, je réalise que je n'ai pas respiré. J'ai travaillé, dîné, travaillé. J'ai donc entrepris de me créer une routine plus saine. Une routine qui intègre le yoga et la méditation. Alors que le matin, je réussis facilement à ralentir,  être avec mes enfants, pendant la journée, je dois me l'imposer. Cette partie n'est pas encore acquise. J'y travaille. Éventuellement, ces pauses (yoga, méditation) feront partie de ma routine et je pourrai encore dire que j'ai trouvé une solution. 

Ce n'est pas tant un problème que juste un constat. Je veux avoir une vie plus équilibrée et en travaillant de la maison, j'en ai la possibilité. 

Je suis d'ailleurs tombée sur le slowpreneuriat, entreprise et mode de vie proposé par Josée-Anne Sarazin. Un peu comme je le constate, le slowpreneuriat implique de ralentir, de réorganiser ses projets en fonction d'une vision à long terme et de repenser le temps consacré au travail versus le temps consacré à la vie personnelle. À travers son accompagnement, Josée-Anne propose de diminuer le temps accordé au travail: travailler moins, mais mieux.

Au fond, il s'agit «d'accepter». Alors, j'accepte que le temps passe. Mais je veux en profiter. Je me vois devenir «workaholic» et je n'aime pas cette avenue. Je suis heureuse d'aimer mon travail, mais je ne souhaite pas qu'il prenne plus de place que ma vie personnelle et familiale. Alors je traverse les obstacles et je trouve des solutions.