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La masculinité en société, qu'est-ce que ça mange?

10 septembre 2017

Bâti ou taillé en fil de fer. Rasé du chest ou des poils jusque dans le dos. Barbu ou imberbe. Bedaine ou 6 packs. Hétéro, gay, bi ou trans. Tondeux de gazon ou amoureux des plantes. Debout ou en chaise roulante. La masculinité ne se résume pas à notre physique, même chose pour la féminité. 

D’ailleurs l’homme n’a pas de « côté féminin » : l’homme et la femme sont des êtres humains qui ont des émotions, une sensibilité, et l’exprime à leur manière. Et comme tout le monde, c’est parfois difficile de ressentir et de dévoiler ses émotions.

Si on sortait du concept de la masculinité pour entrer dans celui de l’être humain. 

Bien évidemment les constructions sociales autour du genre restent très fortes, essayons de voir au-delà. Ce qui me touche souvent, c’est de constater la difficulté pour certains à exprimer leur ressenti. 

C’est de voir également le peu d’hommes dans certains groupes de soutien. Arrivé dans des meetings, et me rendre compte que sur 18 participants, il n’y a qu’un seul homme… Pourtant ils vivent aussi les mêmes problématiques. 

Où sont-ils ? Tout seul en train d’endurer en silence ? Je suis fort, ça va passer ? Je n’arrive plus à gérer tout ce que je ressens à l’intérieur, je vais exploser !

À ces hommes-là, invisibles mais qui existent et que je voudrais tellement voir, j’ai envie de leur communiquer 5 pistes de réflexion :

1. T’as le droit de partager ta tristesse avec une autre personne quand ça t’arrive. 

2. T’es pas obligé de vouloir tout prendre sur tes épaules. Ça peut finir par être fatiguant pour ton entourage mais surtout pour toi. Rencontre du monde qui vont t’aider à en déposer un peu.

3. Tu sais la dépression, l’anxiété, les problèmes de couple, la consommation… ça ne touche pas les faibles. Ça touche les êtres humains, tout simplement. 

4. T’as le droit de ne pas attendre d’être au bout du rouleau pour demander du support. T’es pas obligé de partir, de t’enfuir, la première fois que tu en reçois. Profiter de l’aide, ça ne te rends pas plus faible bien au contraire, mais plus fort.

5. T’es pas obligé de t’isoler. Il y a souvent des amis autour de toi qui s’inquiètent de ne plus avoir de tes nouvelles, de ne plus te voir dans les partys ou dans les games de sports. Décroche le téléphone quand ils t’appellent et parle leur. Qu’est-ce que tu risques ?

Même si les choses évoluent, les hommes sont toujours élevés dans le moule de « on est fait fort ». 

Le problème est que nous sommes des êtres humains, et par conséquent, nous sommes vulnérables : aux blessures physiques et psychologiques, aux maladies, aux accidents, aux ruptures amoureuses, aux pertes d’emploi…Comment on répond à ça si on doit toujours être fort ? Est-ce que ça nous aide à long terme ?

La résilience et la force?

La résilience et être fort sont deux choses différentes à mes yeux. Il y a de la souplesse d’un côté alors qu’à l’opposé, cela peut amener de la rigidité : « il faut avancer coûte que coûte ! ». Ce n’est pas forcément quelque chose de négatif, mais comme le reste, tout est dans le degré d’intensité et la mesure. Parfois la vie nous frappe, et nous n’avons pas le choix de déposer les armes pour pouvoir continuer. 

Vouloir être fort à tout prix ne fait que ralentir le processus. Cela demande parfois de piler un peu sur son orgueil. Mais qu’est-ce qui est le plus important? L’image de soi que l’on veut à tout prix préserver ou se sortir d’une passe difficile. Parfois, on ne peut pas avoir les deux. Il faut choisir.

Il y a de fortes chances que ces hommes-là ne lisent pas ce texte. Alors si vous en connaissez, montrez leur que vous êtes là, appelez-les pour jaser un peu, ou pour sortir boire une bière. Derrière nos masques, on a tous besoin d’être reconnu pour ce que nous sommes.

Des êtres humains, ni plus, ni moins.